Tour du Finistère de 1992 à 2009
Article mis en ligne le 22 février 2016
dernière modification le 8 janvier 2018

par Jan Legallet

Nous avons couru les 18 dernières éditions du Tourduf en série « Course au large ».

Premier contact en 1992.
Nous courons sur le Sélection « Karibario 3 ». Nous régatons sur ce bateau depuis 1985.
Une course de nuit pour commencer avec beaucoup de petit temps et une grosse bascule à gauche très mauvaise pour nous.
Valbelle au petit matin et louvoyage à contre courant pour remonter à l’Aberwrac’h.
Les Figaro Challenge et Solo se frisent.
Dans la 2ième manche, après un départ sous spi de l’Aberwrac’h, nous sommes en tête jusqu’au phare du Four ou deux gros ratings nous rejoignent, un X42 et le one toner « Crédit Agricole ».
A la Basse Vieille, nous lofons, cap vers Douarnenez, assez près des deux gros et nous nous voyons beaux comme des soleils car plus aucune voile n’est en vue derrière (la flotte est tombée dans un calme à la pointe St Mathieu) ; mais le vent tombe pour nous aussi à 7 milles de l’arrivée et nous ne redémarrerons qu’après plusieurs heures de grenouillage sans vent,100 mètres devant la flotte revenue avec le thermique, non sans que 5 bateaux aient réussi à griller tout le monde en trouvant 6 ou 7 nœuds de vent à ras de la falaise sud de la baie de Douarnenez.
Rien de spécial le lendemain en allant à Crozon Morgat.
Dans la manche 4 vers Audierne, nous sommes 4ièmes en descendant vers la Plate sous spi serré et nous restons sous spi bien que ça nous fasse descendre sous la route (nous sommes tribord amures) car notre navigateur pense que le courant est encore contraire dans le raz de Sein et qu’ainsi nous nous en abriterons. Mais en arrivant à proximité de la côte, près de la pointe du Van, la mal nommée, un effet de coussin nous prive totalement de vent et nous regardons toute la flotte défiler à 6 nœuds, à 100 mètres à notre vent (pas tout à fait toute car un half toner auquel manquait le sens de l’observation a réussi à venir se tanker avec nous). Nous ne repartirons que plus de 5 minutes après le passage du dernier ; dur, très dur !
Le soir, deux équipiers, Cyrille et Marc, partent en piste et Cyrille, « un brin » alcoolisé, réussit à tomber d’une falaise de 30 mètres en pente assez raide, atterrissant sur une plage entre deux blocs de granit, avec une patte folle et la tête en sang.
Après un passage à la pharmacie pour Cyrille, la flotte sort du port pour courir la manche 5 vers Ste Marine. Mais le vent reste absent toute la journée, et nous rejoignons Ste Marine au moteur ; mes deux lascars dorment toute la journée, ce qui leur redonne assez de forces pour repartir en piste le soir.
Dans un bar, ils se prennent de bec avec un consommateur que le bruit qu’ils font dérange, puis se réconcilient avec lui autour d’une bière. Cette personne n’est autre que le fidèle sponsor du Tourduf Alain Bargain des « Editions Alain Bargain », qui, à la suite de cette rencontre, va courir la dernière
manche avec nous (et bien d’autres les années suivantes). Il faut dire qu’Alain est un skipper de Dragon chevronné.
L’histoire ne s’arrête pas là, car le même soir, dans un autre bar, Cyrille et Marc abordent une charmante jeune femme esseulée. Cyrille va tellement sympathiser avec elle qu’il l’épousera quelques mois plus tard, et, hasard à la limite du vraisemblable, cette jeune femme est la fille Caroline, d’Alain Bargain.
Rien de particulier dans l’étape Ste Marine-Loctudy.
Dans la dernière manche, un côtier devant Loctudy, nous rejoignons un paquet de bateaux partis avant nous, qui sont collés à la Voleuse par le courant traversier ; nous sommes sous spi sur la panne, avec un bateau très près de chaque côté, et nous ne pouvons éviter d’emboutir le « Cavok » de Patrick Farcy ce qui me permettra de faire connaissance avec lui lors du jugement de la réclamation qu’il a posée, et de pouvoir ainsi le contacter lorsque, quelques années plus tard, j’achèterai un Sprint 108 identique à son « Cavok » suivant.
Dans cette manche que nous avions gagnée, nous serons classés 6ièmes après avoir pris une pénalité de 20% des inscrits dans la réclamation.
Nous terminons à la 8ième place sur 23 partants, ce Tourduf fertile en émotions et gagné par Christophe Cudennec sur le First Class Challenge « SA BOPP-BLM » devant Jacques Caraes sur le Figaro Solo « Sill Plein Fruit » et Dhennin /Liardet sur le half toner « Honda Brest ».

En 1993, le bateau s’appelle « Saint-Lô district ».
La 1ère manche est intitulée Morlaix-le Dourduff, mais nous passerons une nuit très agitée à Primel.
Le parcours nous envoie à la Méloine en passant par Astan et retour à la Barre du Flot dans 20 à 25 nœuds de vent. A un mille de l’arrivée, nous sommes 3ièmes en temps réel, aux basques du JOD 35 « Autodiffusion » et à distance du one toner « Groupe Quémener », mais assez près pour n’avoir pas de problème en temps compensé.
Nous sommes sous GV et solent à 80 ° du vent, et le JOD tente un coup de spi pour nous décrocher. Ils affalent après deux départs au lof, mais un équipier tombe à l’eau dans la manœuvre. Nous le récupérons, passons la ligne et allons rapidement vers le JOD pour lui redonner son équipier.
Bizarrement, alors que la manœuvre permet à l’homme à la mer de repasser à son bord à pied sec, il saute à l’eau ! Et le JOD allume son moteur pour le récupérer d’où abandon !
Une demande de réparation nous permet de battre tout de même « Groupe Quémener » et de gagner la manche.
La suite sera moins glorieuse et nous finirons 5ièmes sur 30.

En 1994, le bateau s’appelle toujours « Saint-Lô district ».
Nous sommes 28 dans la classe dont 8 Sélection.
Notre premier but est de battre les 7 autres, mais il y a beaucoup de bateaux redoutables : 11 bateaux à plus petit rating : un half ton tout carbone « Agfa image », un Suspens, un X99, 2 Sprint 95, un ¾ toner, 4 First Class Challenge, un vieux one toner : « Bermudes », et 9 bateaux qui nous rendent du temps : 2 JOD 35, 4 First Class Europe, un X119 et 2 one toners : « Korrigane 2 » et « Espace du désir ».
La première manche nous fait partir de la baie de Morlaix, nous emmène au Crapaud devant Trébeurden puis au Gouliat, au fond de la baie de Lannion et nous ramène vers Roscoff où l’arrivée est jugée devant Roscoff, après un triangle de 5 milles. Après une sortie laborieuse, sous spi serré bâbord amures, nous abattons sur la panne et empannons pour nous abriter à la côte du courant contraire.
Nous faisons tout seuls, l’intérieur des roches de Primel et réempannnons pour griller toute la flotte au Crapaud. Là, le vent mollit derrière nous, ne laissant passer que le one toner « Korrigane ». Le reste de la flotte mouille alors que nous partons au bon plein à 5 nœuds. La victoire est bien sûr au bout. Les filles qui nous font l’assistance nous distribuent des médailles en chocolat.
Nuit difficile au mouillage dans le bassin des ferries à Roscoff.
Le 2ième manche vers l’Aberwrac’h est un long louvoyage par 20 à 25 nœuds de vent. Nous terminons 4ièmes .
La manche 3 nous emmène à Morgat. Brume à couper au couteau dans le Four et louvoyage dans le petit temps. Un bord trop long à droite nous fait sortir à la pointe St Mathieu assez mal placés et derrière 4 Sélection. Le vent adonne, les spis partent et ça mollit. Derrière,beaucoup de « petits » resteront à l’ancre plusieurs heures à contre-courant.
Devant, bords de largue dans la pétole. Nous nous refaisons dans un coup à gauche avec une risée fuyante. Nous doublerons le dernier Sélection à 2 milles de la ligne, dans le vent qui rentre. Nous limitons la casse avec une 7ième place, mais « Korrigane 2 » gagne devant « Espace du désir » et « Agfa », et nous passe au général.
La 4ième étape Morgat-Douarnenez est une régate de chevaux de bois. Nous finissons 6ièmes mais le coefficient ½ limite la casse. L’après midi est encore moins bon avec une 11ième place (et un Sélection devant) lors du triangle olympique.
La manche 5 vers Audierne, partie dans la pétole est annulée sur l’eau alors que le vent rentre et que tout le monde finit à la voile ; ça grogne pas mal car le début de course avait enterré quelques favoris dans plusieurs classes. C’est dur pour nous car « Korrigane » avait accroché le bateau comité au départ et risquait la disqualification.
Avant la dernière manche (régate de nuit de 100 milles : Audierne – Ste Marine en passant par les Truies, à côté de Groix), nous sommes toujours 2ièmes à 13 pts de « Korrigane » et 5,15 pts devant le Class Europe « Basta ».
Le départ est donné à 17h. Le vent est irrégulier, le plus souvent très faible et il tourne de 720° dans le même sens durant la course... bonjour les retournements de situation !!
A 20 milles de l’arrivée au petit matin, nous distinguons à peine les 2 one toners devant, et nous sommes avec les JOD, les Europe et le X119, mais le Sélection « Britton » nous précède d’une longueur, et le X99 et « Agfa » sont tout près derrière.
Nous réussissons à doubler « Britton » à 5 milles de l’arrivée dans un grain d’orage où nous affalons le spi plus vite que lui dans le refus fraîchissant. « Agfa » gagne la manche, revenant à la 3ième place du général, « Relax », le X99 finit 2ième, et prend la 4ième place au général et nous finissons 3ièmes de la manche.
Nous battons « Korrigane » de 8 minutes en temps compensé et nous intercalons 5 bateaux dans ces 8 minutes (dont 3 à moins d’une minute de « Korrigane » après 18 heures de course !) ... chance...ça suffit pour gagner le général de 0,95 point : 1er : « Saint-Lô district », 2ième : « Korrigane 2 », 3ième : « Agfa Image ».
Je crois que cette année-là, le bon dieu nous avait à la bonne.

Après cette victoire, nous revenons gonflés en 1995, mais ça ne marche pas trop bien, et notre « Karibario 3 » termine 7ième sur 15 avec des places de 12, 6, 11, 5, 6, 7 et 9, pas de quoi grimper aux arbres ! Un bateau m’a impressionné dans le taille des 36 pieds, c’est le Sprint 108 de Patrick Farcy et je mets le Sélection en vente en rentrant du Tourduf. La victoire a été cette année là pour Olivier Rabine sur le Sprint 98 « Frizbi », grâce à une grande régularité.

En 1996, nous arrivons avec « KARIBARIO 4 », Sprint 108 tout neuf, mais le choix du gréement en tête nous pénalise d’un demi-groupe par rapport aux JOD 35 et aux First Class Europe, qui vont plutôt plus vite que nous. Et ça commence mal, avec une ligne départ mouillée dans l’axe du vent, et même au-delà, de telle sorte que plusieurs bateaux la passent à l’envers et que nous nous faisons coller au bateau-comité : 50 % de pénalité. Avec des places de 23, 4, 10, 11, 15, 10 et 11, nous terminons 10ièmes sur 26, dur... dur....
La belle histoire est celle du JOD 35 « Yermad » qui gagne le grande course malgré une bôme cassée à mi-régate et termine 2ième au général derrière « Korrigane 2 ».

En 1997, je viens avec un équipage mixte : Karibario-Leclerc Granville (First Class Europe) sur le Class Europe. Je fais la nav-tactique et non la barre cette année-là. Le départ est donné au fond de la baie de Morlaix sous règle noire et nous louvoyons au milieu du haut des perches des champs d’huîtres. La deuxième moitié de la course se fait dans une brume à couper au couteau, et nous ne voyons aucun bateau dans la dernière heure de course. L’arrivée devant Trébeurden est épique. Nous avons deux GPS, un en Europe 50 et l’autre en WGS 84 et nous ne savons pas dans quel système la position de la ligne est donnée. Nous cherchons un peu trop à notre goût. Heureusement qu’il y avait un gyrophare sur la vedette. Notre temps d’arrivée nous met 3ièmes mais nous apprenons avec consternation que nous avons mordu la ligne de départ malgré les certitudes outrées de notre numéro 1.
Nous passerons le reste du tour à remonter au classement, en gagnant, en particulier la grande course grâce à une pétole totale entre la Jument de Glénan et Linuen. Cinq heures sans vent sur le seul bateau que je connaisse à avancer quand la fumée de cigarette monte à la verticale. Solent réglé à 60 ° du vent, bateau gîté en grand. Il faut quinze minutes pour atteindre 2 nœuds mais on y reste. Nous virons Linuen et repartons à l’envers vers Les Pourceaux sans toucher aux écoutes. Le parcours vers Bénodet est raccourci aux Pourceaux où nous terminons 2ièmes en temps réel derrière « Korrigane 2 » et 1ers en compensé malgré le vent qui rentre un peu. Nous finirons 4ièmes de ce tour, gagné par « Korrigane 2 »…. échouant au pied du podium pour un point.

En 1998, nous revenons avec le Sprint sous le nom de « Karibario 4 » et régatons contre nos amis de « Leclerc Granville », mais aussi contre l’intouchable Sun Magic 44 « Ster Wenn 4 » à Guy Sallenave qui courait jusqu’à maintenant dans la série Grande Course. Nous finirons 4ièmes sur 13 avec des places de 2, 5, 6, 5, 5, privés de podium par les deux First Class Europe « Leclerc Granville » et « Max », auxquels nous rendons ½ groupe qui nous coûte cher.
« Ster Wenn » domine avec facilité. Il court au même rating que nous et va plus vite que nous à toutes les allures : 44 pieds contre 36…Cherchez l’erreur….
Le seul vrai bonheur est le départ de la première manche donné à l’ouest de l’île de Batz dans du vent très mollissant de nord et du courant ouest. Nous partons au bateau ( à droite ) et nous nous mettons immédiatement bâbord amures. J’ai le reflexe de demander au navigateur de sortir le compas de relèvement pour surveiller la bouée de dégagement, et nous voyons très vite que nous pouvons abattre. Nous passons la bouée à la bordée, et seul, « Leclerc Granville » réussit à passer derrière nous, les autres loupent la bouée et font du surplace une heure sous spi à contre-courant avant de pouvoir passer. Bonjour les écarts à l’arrivée malgré le vent revenu.

En 1999, « Karibario 4 » est toujours là. La première étape vers l’Aberwrac’h se fait au moteur faute de vent et la course de nuit est, je crois, la plus longue que nous ayons courue (120 milles de Douarnenez à Ste Marine en faisant le tour de l’île de Groix). Cette année-là, le X119 magnifiquement voilé « Morbihan Sailing Team »est intouchable, malgré la belle défense du First 40.7 « Pierre Océane » et de l’inévitable « Korrigane 2 ». Nous terminons 5ièmes sur 13 avec des places de 9, 5, 6, 5 et 5, rien d’inoubliable….

En 2000, la table HN nous accorde le ½ groupe que nous demandions depuis le début et « Karibario 4 » court enfin en temps réel avec les JOD 35 et les Class Europe.
Sur les 25 engagés, nous sommes 12 à courir en temps réel, auxquels s’ajoutent 7 Sélection (1 groupe en dessous) et au-dessus, le Sun Magic 44 « Ster Wenn 4 » auquel la première place est promise, le one toner « Korrigane 2 », un Sun Fast 42, 2 two toners : « Idée Phone Bouygues Téléphone », et « Passion », que nous rencontrons tous les ans au Tour des ports de la Manche, et le J 125 « Toyota ». La classe est très relevée cette année-là.
La 1ère manche vers l’Aberwrac’h se court dans le petit temps et seuls, les 3 premiers arrivent dans les temps, mais Dieu merci, les 22 hors temps ne marquent que 5 points (merci le règlement).
La 2ième étape nous emmène à Lanildut, dans le petit temps. Après la Luronne et les Grands Pourceaux, au louvoyage à contre-courant en allant vers le Tournant de Lochrist , nous allons à terre à Béniguet avec les JOD et les Europe et bénéficions là d’un coup de pied au cul grâce au contre-courant. La suite est difficile jusqu’au Tournant du Lochrist où nous envoyons enfin le spi derrière 3 JOD et les 2 Europe. Au fort du courant portant, avant la Grande Vignotière, nous affalons le spi, lofons bout au vent, faisons une marche arrière en poussant la bôme et repartons sous spi sans les algues qui nous freinaient. Nous reprenons les 3 JOD et un des Europe, qui eux ont conservé leurs algues, et finissons 4ièmes en compensé. La régate vers Douarnenez est sans histoire : 6ième. Le lendemain, pour les bananes, il y a de la brise. Nous finissons 3ièmes de la 1ère banane et commettons une erreur impardonnable lors de la 2ième banane : nous croyons être arrivés au deuxième passage de la bouée au vent mais les IC, mal lues, nous faisaient poursuivre en course jusqu’à Crozon-Morgat alors que nous le faisons en convoyage et passons même la vraie ligne sous GV seule. Résultat : 13ièmes. Le navigateur n’est pas à la fête.
La course de nuit reste en Iroise (pour la première fois nous n’irons pas en Bretagne sud).
Avec un départ dans la brise, de Morgat, nous allons, après un détour par Douarnenez, à la Jaune du Raz, et là, à la nuit tombée nous montons au louvoyage, vers les Pierres Vertes. Nous avons recollé les séries précédentes, mais nous naviguons pendant 3 heures avec « Matamouf of Roucoucou » sans réussir à le doubler. Nous n’y réussirons qu’après une marche arrière pour virer les algues des appendices ; très difficile, de nuit avec autant de bateaux dans le coin. Nous sommes seulement au milieu de la flotte des JOD et Europe mais nous les doublons tous avant les Pierres Vertes en virant loin à droite sur les instances de Gilles le tacticien, pour aller chercher une veine de courant favorable et, croyez-moi, elle était à sa place. Nous redescendons sur la panne vers la Vandrée , doublés par l’Europe de nos copains de Granville et avec le JOD « Y One ». La Vandrée est « en dérangement ». Son feu clignote de façon aléatoire (une fois toutes les 10 minutes en moyenne)... bonjour les questions. Nous redoublons l’Europe grâce à cela et remontons vers Charles Martel au bon plein. A la bouée, l’Europe nous laisse de l’eau et nous en laissons au JOD. C’est l’aube, et nous repartons tous les trois vers la Basse du Lys de front au reaching, puis sous spi au portant vers Douarnenez. L’Europe est le plus rapide, puis le JOD, puis nous. Nous finissons 4ièmes en compensé de cette course derrière « Ster Wenn », « Leclerc Granville » et « Y One ».
Nous sommes 2ièmes au classement général avant le dernier côtier en baie de Douarnenez, loin derrière « Ster Wenn », mais avec 4 bateaux en 2 points derrière nous. Cette manche avec des trous de vent et des bascules énormes nous est défavorable et nous la terminons 9ièmes, nous faisant passer au général par le two toner « Idée Phone Bouygues », le one toner « Korrigane » et le meilleur JOD 35, « Y One ». Mais nous avons vu qu’avec notre nouveau rating, nous pouvions régater (sauf avec « Ster Wenn »).

Nous avons démâté accidentellement lors des entraînements d’hiver et nous optons pour le gréement 9/10 avec lequel nous nous rendrons compte que nous allons plus vite.

2001, l’année du temps réel : sur les 17 engagés en Course au Large, nous sommes 11 à courir en temps réel : un J 105, 2 Class Europe, 6 JOD 35 et 2 Sprint 108 (nous courons sous le nom « Sea-FM-Künkel Palettes » et nos sponsors nous ont permis d’acheter un génois léger avec lequel nous allons très bien). La liste est complétée par 4 Sélection, le two toner « Idée Phone Bouygues Téléphone » et le J 125 « Magic Wind ». « Ster Wenn » n’est pas là et ça ne nous tire pas des larmes de sang.
La semaine se déroule comme dans un rêve (si si, ça arrive, j’y étais). Génois léger toute la semaine sauf les 5 derniers milles de la dernière course et nos deux gros adversaires font chacun une grosse erreur : « Magic Wind » qui finira 2ième va s’enferrer dans une zone sans vent et sans courant portant en sortant de l’Aberwrac’h et ne nous repassera dans cette manche, qu’à mi-course, et « Bouygues » nous montre 3 spis lors des 3 premières étapes et nous réclamons contre lui : il prend 20% des places aux 3 premières manches ( il avait 5 spis en soute !) . Il n’a pas du tout aimé notre réclamation et il n’aura de cesse ensuite de tenter de nous gêner, mais heureusement, il va beaucoup plus vite que nous et il nous largue toujours rapidement
La cerise sur le gâteau est la victoire dans la grande course grâce à une molle opportune pour l’arrivée des 2 grands bateaux et pas pour nous. Nous les battons après 19 heures de course de 53 secondes pour « Bouygues » et d’1 minute 14 s pour « Magic Wind ». « Karibario » gagne donc pour la 2ième fois, avec des places de 1, 1, 3, 3, 4, 1, 4, et nous avons le bonheur de ramener chez nous à Granville la coupe du classement Clubs grâce à la victoire en catégorie Régate, de François Hubert sur son 747 « Rapido 2 », et à la 4ième place de Gilles Lezan sur son Europe « Leclerc Granville » dans notre classe.

2002, l’année des First 36.7. Ils sont 6 sur 28 bateaux. Il y a aussi 5 Sun Fast 36 et 37, 6 Selection, 4 JOD 35, un J 92, un J 105, un First Class 10, un First 40.7, nos amis du Class Europe « Leclerc Granville », notre Sprint 108 « Sea-FM-Künkel Palettes » et le two toner « Idée Phone ».
Le départ est donné de Brest cette année-là. La sortie du goulet est pénible et la visibilité devient nulle vers Kerviniou. Nous nous refaisons dans ce louvoyage sans visibilité et terminons 3ièmes à Camaret derrière « Idée Phone » et le 36.7 « Cornouaille Nautique ».
Nous l’avons déjà rencontré en IRC et avons pu juger de son niveau. Ca ne va pas être simple. La 2ième étape vers l’Aber Ildut (toujours dans le petit temps) confirme avec le même podium.
« Cornouaille Nautique » prend une pénalité de 10% des places sur les 2 premières manches pour avoir débarqué des emménagements (en l’occurrence la table du carré). Il fera carton presque plein ensuite avec une place de 2 et des victoires dans les 4 autres manches.
« Leclerc Granville » gagne à Crozon-Morgat dans une 3ième étape de portant où l’Europe fait merveille. Nous n’obtenons que la 8ième place.
Ca va un peu mieux dans les bananes de Douarnenez (5ièmes et 6ièmes) et dans la grande course vers Lesconil, 5ièmes. Le 36.7 d’Yves Le Couteur « Service Plaisance » vient taquiner le podium pendant les 3ième,4ième et 5ième manches où il finit 3, 3 et 5.
Avant la dernière manche, nous sommes 3ièmes loin derrière « Cornouaille Nautique » et « Idée Phone » et avec 5 points d’avance sur notre Europe favori « Leclerc Granville ».
Dans cette dernière manche, (départ donné après un peu de moteur faute de vent), Leclerc s’évade au départ dans le petit temps. Le vent rentre au portant. Nous tirons à gauche, et le vent bascule à droite. « Leclerc » fait 2 et nous 8 … adieu le podium à Port la Forêt. « Cornouaille Nautique » gagne devant « Idée Phone », « Leclerc Granville » et « Sea-FM-Künkel Palettes ».

2003, l’année JPK. Il y a 29 partants avec 22 bateaux entre 35 et 37 pieds, 2 plus grands mais qui ne se montreront guère ( fini « Idée Phone », « Korrigane » et autre « Ster Wenn ») et 4 plus petits dont le JPK 9.60 « Léon » qui débarque pour sa 1ère course HN avec un rating « pochette surprise » groupe 24.5, 4ième plus petit rating de la flotte alors qu’il finira en temps réel : 2, 4, 1, 4, 6, 4, 5, et bien sûr en temps compensé 1, 1, 1, 1, 3, 3, 1.
Une place de 19 dans la manche 3 nous enlève tout espoir de podium (grand bord à gauche en baie de Douarnenez et le vent vire de 30 ° à droite en bout de bord aïe, aïe, aïe....). Le J 105 « Pen Azen » finit 2iéme et le X362 Sport « Nitneuk » 3iéme. Notre « Sea-FM-Künkel Palettes » hérite de la 7ième place de ce Tour parti de Morlaix et arrivé à Port la Forêt, passant à nouveau à Lesconil avec des places de 8, 5, 19, 7, 6, 4, 4. Les deux grands souvenirs de ce Tour sont l’escale à Molène, très festive, et le début de la dernière manche, au départ de Lesconil dans du tout petit temps où notre tacticien, très inspiré, nous envoie chercher un thermique en combat douteux, au large alors que toute la flotte tire à terre. Nous passerons la 1ère marque avec 8 minutes d’avance sur le 2ième, mais la 2ième marque, à terre, nous renvoie dans la pétole et la flotte revient....... nous empêchant de capitaliser.

En 2004, nous revenons avec un nouveau bateau, un A 40 « Karibario 5 ». Il s’appelle pour la course « Editions Alain Bargain-Sea-FM ». Il y a 30 bateaux dans la classe Course au Large et nous avons le plus fort rating (groupe 29,5). Nous sommes 7 bateaux de 40 pieds ou plus (un Sun Fast 42). Les bateaux très dangereux sont les 3 First 36.7 (« Cornouaille Nautique », « Service Plaisance » et « St-Barth »), les J 109 (notamment « Net plus »), le X 362S « Maisons Kervran », le Sun Fast 42 « Mora 2 » et le J 105 « Magic Potion ». Il y a un autre A 40 mais il a perdu son hélice lors du convoyage vers Morlaix et n’a trouvé qu’une tripale fixe. Malgré la bonification, il ne peut pas faire grand chose.
Les deux premières manches nous sont très favorables. La 1ère est du louvoyage entre Toulcos
(nous avons commencé au moteur) et Lizen Venn (réduction), à contre-courant. Nous sommes les plus rapides et le courant forcissant relègue nos adversaires loin en temps réel malgré une touchette de notre part sur un caillou mal placé sur la carte, et un autre caillou gerbant dans la houle et évité de justesse alors qu’il n’y a rien sur la carte à cet endroit-là ( depuis, je n’aime pas beaucoup aller très à terre dans ce coin-là).
La deuxième manche Aberwrach-Aber Ildut, au près dans le tout petit temps, se termine sous spi. Un cadrage « pile-poil » de la Luronne dans ce petit temps, courant traversier nous permet de faire le trou et de gagner aussi cette manche.
La troisième régate est Aber Ildut-Plougastel Daoulas. Nous sommes très bien jusqu’à une pétole à 4 milles de l’arrivée qui permet à « Net Plus » et « Cornouaille Nautique » de revenir et de nous battre en temps compensé.
Dans les trois suivantes, ça se gâte : 8ièmes à Camaret et 5ièmes dans la banane devant Camaret où « Cornouaille Nautique » perd le Tour : il va au jury sur un incident au lieu de faire un 720 ° ; résultat : disqualification alors qu’il aurait fini au pire dans les 5 en réparant.
Pas de vent et donc, moteur vers Douarnenez et là, c’est nous qui perdons le tour.
A 3 milles de Douarnenez, 8 nœuds de vent de NO rentrent. Le comité mouille une bouée à 2 milles dans le vent et nous envoie la virer avant d’aller à l’arrivée à Douarnenez. Le vent tombe complètement après le louvoyage, pendant une heure et rentre ensuite assez frais, pour une arrivée groupée, qui favorise les petits ratings et atomise les gros.
Nous faisons 28ièmes à cette parodie de régate (coefficient 0,5 heureusement).
Nous nous vengerons lors de la course de nuit vers Port la Forêt en gagnant grâce au vent mollissant à l’arrivée. Résultat final : « Editions Alain Bargain-Sea-FM » termine 2ième sur 30 derrière « Net Plus » très régulier et devant « St Barth » et « Cornouaille Nautique », avec des scores de 1, 1, 3, 8, 5, 28, 1.

En 2005, coup dur, notre A 40 qui s’appelle cette année « BPO-Künkel Palettes » écope d’un groupe HN : 30.5 net, tout devient beaucoup plus compliqué. Le plateau est relevé. Nicolas Troussel est là avec son Figaro 2 mais le HN est très dur avec lui ; il y a aussi Cyrille Legloahec sur son Grand Surprise « Batistyl », mais lui aussi très handicapé par le HN. Il a loué son A 40 (le 1er de la série et le plus rapide de tous) à Alain Roland et ce bateau s’appelle pour cette course « Sonadio ». Il y a aussi le First 40.7 de Wilfried Clerton, « Coaptis », les deux 36.7 « Cornouaille Nautique » mené par Olivier l’Helgouach et « Fissa » barré par Christian Deredec, et le J 125 de Paul Dumazeau « Kened an Diaoul ».
La première manche vers l’Aberwrac’h se passe au près dans la brise après une sortie des passes au bon plein. Nous finissons 2ièmes en temps réel derrière « Coaptis » et 6ièmes en temps compensé. La grand-voile a souffert. Heureusement, il y a une voilerie à l’Aberwrac’h et le voilier bosse toute la nuit car nous ne sommes pas les seuls à avoir eu des soucis de voile.
La 2ième manche vers l’Aber Ildut se passe dans le petit temps, au près d’abord avec peu de visi, puis sous spi dans le vent mollissant à l’arrivée. Nous gagnons en réel, et aussi en compensé, grâce à cette molle. Le Sun Fast 42 « Mora » est 2ième à 22 secondes, « Sonadio » 3ième, « Coaptis » 4ième.
Nous partons le lendemain vers Crozon-Morgat . « Sonadio » nous passe à une longueur sous le vent au bon plein avant les roches du Pohen …. recherche d’algues dans les appendices, rien ; ça me semblait impossible mais.... C’est dur pour le moral. Heureusement pour nous, il est en tête de la classe et se trompe de parcours en allant vers la Jaune du Raz (parcours 2) au lieu de la Basse Vieille ; le temps de rectifier en voyant tout le monde tourner à gauche derrière lui et il finit 20ième... adieu la victoire pour lui.
Nous finissons 2ièmes en temps réel derrière le J 125 et 2ièmes aussi en compensé derrière « Coaptis ».
La quatrième manche vers Douarnenez est annulée pour cause d’alerte orageuse et se fait au moteur.
La manche de nuit nous emmène à Lesconil après une remontée jusqu’à la Vandrée et un grand tour des Glénan qui nous fait descendre jusqu’à Linuen avant de remonter sur Lesconil. Nous virons la Vandrée en tête dans le petit temps malgré un très mauvais départ mais la suite se passe beaucoup moins bien et nons terminons 8ièmes. C’est le Mumm 30 « Ville de Douarnenez » qui s’impose devant « Fissa » et « Cornouaille Nautique ».
La dernière manche nous emmène à Belon dans un parcours avec du portant et du bon plein, dans une bonne brise et c’est « Batistyl » qui s’impose. Nous ne pouvons faire mieux que 11ièmes. Notre « BPO-Künkel Palettes » conserve toutefois la 3ième place au général derrière « Cornouaille Nautique » et « Coaptis ». 

En 2006, Cyrille Legloahec revient avec Batistyl devenu un A35. « Cornouaille Nautique » est cette année, un First 34,7. Il y a aussi, nos amis du First 40.7 « Coaptis », le X 362S « Maisons Kervan », 2 X 40 flambants neufs : « Numéros 6 » et « Exception 2 » à notre camarade de port Patrick Ponchelet, le J 109 « Imagine », un Hod 35 anglais « Zarafa » que j’ai déjà rencontré à la Commodore’s Cup 2002, et 2 A 40 : nous sur « Banque Populaire-Künkel Palettes », gréé à partir de cette année-là en spi asymétrique et Cyrille Vergne sur « Vent d’Ouest ».
Il y a 27 inscrits dans la classe et ça ne sera pas notre année.
« Batistyl » écrase la course en gagnant toutes les manches et même la 1ère en temps réel : il va toujours très vite et quasiment toujours du bon côté. Il reste à regarder et à applaudir, même si son rating est vraiment enviable. « Maison Kervan » termine 2ième et « Zarafa » 3ième. Nous terminons 9ièmes sur 27 avec des places de 9, 11, 10, 20, 6.
Notre sistership va mieux que nous au près et nos ambitions se cantonneront rapidement à essayer de le battre au classement général.
Il nous en voudra beaucoup de lui avoir viré sur le nez deux fois dans la 1ère manche et nous « fera la gueule » pendant tout le Tour.
Dans la 2ième étape : Aber Benoît-Plougastel Daoulas, nous ferons dans la brise une petite pointe à 18,3 nœuds à 90° du vent juste avant d’abattre dans le goulet de Brest et de spier, et nous ferons un départ au lof dont on parle encore sur le bateau en rentrant le spi à Pénoupèle : une rafale très forte fait ressortir de la cabine la moitié de spi qui s’y trouvait déjà et nous envoie au lof, mât à l’horizontale et l’équipier sous le vent intégralement sous l’eau. La vie n’est pas toujours un long fleuve tranquille. « Vent d’Ouest » finit devant nous.
Les bateaux, à 3 ou 4 à couples sur chaque corps-mort, remuent tellement que, pour la première fois, je n’irai pas à la fête prévue et resterai à bord pour surveiller les amarres avec deux de mes équipiers.
Dans la manche vers Camaret, « Vent d’Ouest » nous bat encore.
La manche suivante est paradoxale pour nous car, après un départ médiocre dans 6 à 8 noeuds de vent, une molle de 3 heures avec 2 nœuds de vent nous permet de revenir 2ièmes et le vent rentre jusqu’à 15 à 20 nœuds au portant, et nous propulse en tête à Douarnenez, mais avec une 20ième place en compensé, confirmant l’adage bien connu à bord : le vent rentre et les petits ratings se frisent les moustaches ; le premier gros rating est 12ième...
Un côtier faisant le tour de la baie de Douarnenez le lendemain est un pur moment de bonheur avec 15 nœuds de vent et 7 ou 8 bateaux luttant pendant les 10 milles de louvoyage en temps réel. « Vent d’Ouest » est le seul à aller à gauche vers Morgat, et rafle la mise en temps réel (joli coup), devant nous, mais en temps compensé, les deux A 40 font respectivement 6ième et 7ième.
Avant la dernière manche, nous sommes 10ièmes à 2 points de « Vent d’Ouest ». Il nous faut donc le battre et lui intercaler un bateau dans ce parcours de Douarnenez à Port la Forêt qui nous fait faire le tour complet des Glénan et nous renvoie à la Voleuse pour un large tour de l’île aux Moutons avant de redescendre vers l’arrivée en passant par Linuen.
A l’issue du premier louvoyage, à la Jaune du raz, nous sommes 3ièmes derrière « Vent d’Ouest » et « Coaptis », nous passons « Coaptis » sous spi serré avant la Plate (avantage à l’asymétrique) puis nous abattons pour 40 milles de spi sur la panne ; là, l’asymétrique, ce n’est pas le pied, et malgré les 20 nœuds de vent, « Vent d’Ouest » reste devant. Il a quatre minutes d’avance à la Jaune de Glénan et nous en avons entre 10 et 15 sur un groupe qui contient « Coaptis », « Batistyl », « Numéro 6 » et « Exception ». La nuit tombe et le vent mollit pendant le louvoyage vers la Voleuse et je ne suis pas content de notre vitesse malgré les nombreux coups de bouts antialgues dans la quille et les pêches à la main dans le safran.
A la Voleuse, « Coaptis » surgit dans la nuit noire et nous colle un tribord. Nous virons la Voleuse et nous nous arrêtons pour faire une marche arrière. Nous redémarrons avec une vitesse retrouvée et redoublons « Coaptis » en moins d’un quart d’heure. Nous virons la Basse Perennes moins d’une minute derrière « Vent d’Ouest » et partons pour 11 milles de près serré bâbord amures, droit vers Linuen. « Vent d’Ouest », devant, et « Coaptis », derrière perdent en cap, ce qui me confirme qu’ils ont des algues dans les appendices. Nous virons Linuen avant les deux derniers milles de louvoyage, au même niveau que « Vent d’Ouest », mais 500 mètres à son vent et nous l’entendons appeler le comité de course pour réclamer contre nous, affirmant que nous avons laissé la bouée du mauvais côté.
Gilles, notre navigateur, appelle à son tour le comité pour lui dire que la trace de notre parcours sur l’ordinateur est à sa disposition ; nous n’entendrons plus parler de cette plaisanterie d’un goût douteux.
« Banque Populaire-Künkel Palettes » gagne donc en temps réel et notre camarade « Exception » a le bon goût de s’intercaler en temps compensé. Nous réussissons donc à battre « Vent d’Ouest » à l’arraché, petit plaisir dans un Tour où pas grand chose n’aura marché pour nous.

En 2007, nous sommes toujours là sur notre A 40 « Banque Populaire-Künkel Palettes », mais la flotte de 23 concurrents a pas mal évolué par rapport aux années précédentes. L’A 40RC « Paprec Recyclage » est là, mené par Stéphane Nevé et son équipage de haut niveau, pour la première course en HN de ce bateau.
VDH (lisez Jean-Luc Van Den Heede) fait sa première apparition au Tourduf avec son Sun Odyssey 52.2 « Célerant » avec un rating (groupe 27) qui me fait penser à « Ster Wenn ». Il y a aussi 4 A 35 qui, après le one man show de « Batistyl » en 2006, m’inquiètent.
 « Batistyl » est l’un des 4, mais il est mené par Alain Roland qui skippait en 2005 l’A 40 de Cyrille Legloahec.
Dans les bateaux habitués du podium, il reste le X 362S « Maisons Kervran », mené par Hubert Kervran, le First 40.7 de Wilfried Clerton « Coaptis » qui s’appelle cette année-là « CGMer », et le J 109 « Imagine » à Jean-François Gueulette.
La veille du départ, VDH et moi discutons longuement avec le jaugeur à propos du rating de « Paprec » (groupe 31), qui ne me rend qu’un demi-groupe alors qu’il tourne autour de tous les A 40 classiques depuis le début de saison, mais rien n’y fait.
La 1ère manche vers l’Aberwrac’h part dans le petit temps, au-delà de l’île de Batz, passée au moteur. Nous sommes au portant après une bouée de dégagement que nous passons en tête grâce à un bord à gauche où nous sommes seuls. La suite est de la panne dans le petit temps, avec une forte houle après Toulcos. « Paprec » nous a passés avant Toulcos, mais il repart trop tôt à terre avec les A 35 et prend la renverse défavorable avant nous. Nous le battons de 12 minutes en temps réel et un A 35, « ATR Samepar » qui n’est autre que « Tchouk Tchouk Nougat » qui marche très fort depuis l’année dernière, et qui est mené par Dimitri Caudrelier Bénac, s’intercale en temps compensé devant « Paprec ». Le roi n’est pas notre cousin ce soir-là, mais je tempère l’enthousiasme de l’équipage car je sais que ça ne peut pas durer. VDH finit 13ième et ne nous inquiète plus. Erreur funeste ; il a seulement ramassé une ligne à maquereaux dans la quille, ce qui l’a beaucoup freiné.
Le lendemain, la manche Aberwrac’h-AberIldut se passe dans le petit temps et « Paprec » nous met 27 minutes en temps réel et gagne. Nous sommes 2ièmes en réel, mais 4ième en compensé, battus par « ATR Samepar » et VDH (nos 22 minutes d’avance ne suffisent pas en compensé). « Maisons Kervan » et « CGMER » sont juste derrière.
Le parcours vers Ouessant se passe avec 10 nœuds de vent d’ouest et le bateau de VDH s’exprime mieux avec un peu d’air. « Paprec » s’envole et c’est la guerre avec VDH. Dans un bord de la Luronne à Valbelle sous spi serré, il réussit à nous empêcher de passer malgré de multiples tentatives. J’espère le passer à la manœuvre à Valbelle vu qu’ils ne sont que 6 et que leurs voiles sont très grandes (envoi de génois, affalage de spi, empannage et reaching ensuite vers St Paul), mais Monsieur VDH nous régale d’une manœuvre aux petits oignons qui ne nous laisse aucune chance.
Plus tard, au louvoyage vers Kéréon, il va vite mais assez loin du vent et je nous vois beaux, mais il prend loin sous notre vent mais avant nous, le courant du Fromveur et nous le voyons remonter vers nous à toute vitesse et finir à notre vent devant quand nous entrons enfin dans le courant. Vu l’état de la mer dans ce passage avec seulement 10 nœuds de vent contre 5,5 nœuds de courant, je me demande ce que ça donnerait avec 20 nœuds…. « Celerant » nous précède finalement de 20 secondes sur la ligne et nous finissons 7ièmes en temps compensé. « Paprec » gagne à nouveau, (comme toutes les manches qui suivront), devant « Célérant », « Maisons Kervran », « CGMer » et 3 A35.
La régate vers Douarnenez est un long bord de spi dans un vent un peu mou pour nous (et pour VDH). La flotte croise un sous-marin qui nous oblige à nous dérouter (il faut que ce soit sur nous que ça tombe).
« Paprec » gagne devant « ATR Samepar », 2 Grand Surprise, nous et VDH (pour une fois, nous le battons d’une minute en temps compensé).
Les deux bananes du lendemain ne sont pas notre tasse de thé (asymétrique avec plan d’eau encombré) : 6ièmes et 12ièmes. Les podiums sont : « Paprec », « Célérant », « ATR Samepar », et « Paprec », « Maisons Kervran », « ATR Samepar ».
Après les bananes, une réclamation est déposée par plusieurs concurrents contre « Paprec » qui devrait être classé en X donc avec un classement bis. Le jugement donnera raison aux réclamants et donc, en enlevant du jeu « Paprec », qui sera forcément 1er bis ( il n’a que 7 points), avant la grande course, « ATR Samepar » est en tête avec 12 pts, nous sommes 2ièmes avec 23 pts, « Célérant » suit avec 24 points, puis « Maisons Kervran » avec 25,5 points et « CGMer » avec 28 points. Il nous faut battre VDH pour rester 2ièmes, ce qui me paraît improbable sauf pétole à l’arrivée, et distancer largement « Maisons Kervran » pour rester sur le podium.
Cette dernière manche nous emmène à Lesconil après un tour des Glénan classique et un crochet par la Rouge de Glénan et la Basse Perennes, le tout dans 10 nœuds de vent en moyenne.
A la Pointe du Raz, VDH est devant nous et nous ne réussirons à le reprendre enfin que dans un bord de spi serré dans du vent un peu mou sur une mer lisse entre la Voleuse et Bilien, dans la lumière des étoiles et de tous les feux de la côte ; mais nous ne lui prendrons qu’un quart d’heure et ça ne suffira pas du tout. Nous arrivons dans la pétole ! Mais le vent rentre un peu trop tôt et « Maisons Kervran » nous bat aussi en compensé. « Paprec » aurait gagné mais il n’est là que 1er bis. C’est « Célérant » qui gagne la manche, devant « ATR Samepar », « Maisons Kervran », « Batystil », « CGMer » et nous. Nous voilà une fois de plus écartés du podium à la dernière manche. Le classement général est donc 1er « ATR Samepar », 1er bis « Paprec Recyclage », 2ème « Célérant », 3ième « Maisons Kervran », 4ième « Banque-Populaire-Künkel-palettes », 5ième « CGMer ».
A la suite de ce problème de rating avec « Paprec », tous les bateaux qui ne figurent pas dans la table H 109 devront passer par l’ORC Club et le programme OSIRIS qui traduit la jauge ORC Club en jauge HN.

C’est comme cela que « Banque-Populaire-Künkel Palettes » revient en 2008 avec 5 secondes de bonus par heure (groupe 30,4), mais ça ne suffira pas.
Le plateau ne me rend pas optimiste : le J 133 « Jivaro » est un avion au près, le X 41 « Maisons Kervran » est tout neuf, Guy Sallenave revient, cette fois avec son X 442 « Ster Wenn 5 » auquel nous rendons un groupe, mais « Ster Wenn 4 » est là lui aussi. Il nous avait fait beaucoup de misères il y a quelques années, mais mon camarade de club Benoît Charon l’a racheté en 2002, et je dois maintenant me le coltiner à longueur d’année. Le voilà sur le Tourduf, sous le nom de « Prévadiès », mais il va souffrir contre l’ « Adrien 2 » de VDH, qui fait 8 pieds de plus que lui et a le même rating (groupe 27). Il y a aussi le X 40 « Exception », 2 Dufour 40 « Solidarité Alzheimer 29 » et « Turquoise » avec un tout petit rating (groupes 26 et 26,5 respectivement), 4 A35, 5 First 36.7 dont j’ai appris à me méfier depuis « Cornouaille Nautique », en tout 28 bateaux.
La veille du départ, l’un de mes équipiers les plus anciens, Bernard, (25 ans de navigation ensemble), tombe sur le port de Morlaix, victime d’une crise d’épilepsie ; les pompiers, les urgences, l’hosto… il s’en remettra vite, mais pas assez pour nous rejoindre ; ça ne va pas nous aider car Bernard est un cadre de l’équipage.
La première manche vers l’Aberwrac’h confirme mes craintes ; nous ne finissons que 5ièmes en temps réel et 7ièmes en compensé dans une manche de médium au près. VDH gagne devant « Ster Wenn 5 » et « Turquoises ».
la deuxième manche Aber Wrach-Aber Ildut se joue au passage du Tournant de Lochrist que nous devons virer à contre-courant avec 2 à 3 nœuds de vent. Toute la flotte est à gauche du chenal sauf nous qui allons à droite vers Béniguet suivis du First 36.7 « Les Recycleurs Bretons ». Seuls du groupe de gauche, « Prévadiès » et VDH réussirons à passer la bouée avec nous,.et nous nous évadons à 4 suivis à distance d’un autre First 36.7 « Sailing Regatta ». « Prévadiès » gagne la manche devant « Les Recycleurs », « Adrien 2 », « Sailing Regatta » et « Banque Populaire » et il y a de gros écarts, plus d’une heure en temps compensé entre le 1er et le 10ième.
La descente vers Douarnenez le lendemain, fait la part belle aux bateaux à grande flottaison avec deux bords de bon plein dans 15 nœuds de vent entre les Vieux Moines et la roche Le Pohen et entre la Basse Vieille et l’arrivée. Les 4 plus grands bateaux prennent les 4 premières places, « Adrien 2 », « Prévadiès », « Ster Wenn 5 » et « Jivaro » dans l’ordre. Nous ne terminons que 11ièmes (avec 6 bateaux dans la même minute).
Le lendemain, les bananes sont gagnées par « Prévadiès » et « Ster Wenn 5 », « Prévadiès » abandonnant la 2ième après avoir emmené la bouée de près dans sa quille et y être resté collé un très long moment. Nous terminons 12ièmes et 11ièmes.... c’est pas la joie.
L’étape Douarnenez-Camaret est courue dans 20 à 25 nœuds de vent d’ouest. Nous virons la Basse Vieille avec VDH et nous surfons sa vague au reaching pendant les 10 milles suivants, ce qui nous permettra de limiter la casse avec une 6ième place en temps compensé. « Adrien » gagne devant « Ster Wenn 5 » et « Jivaro ».
La grande course vers Port la Forêt est, pour nous, à l’image de la semaine.
Après un bon début en Iroise, nous sortons 3ièmes du Raz de Sein derrière « Jivaro » et « Maisons Kervran » et garderons cette place jusqu’à l’arrivée dans du vent assez mou, mais le vent thermique rentre assez fort en matinée à 5 milles de l’arrivée et les petits ratings font un carton:1er« Prévadiès », 2ième « Les Recycleurs Bretons », 3ième « Sailing Regatta », le 1er gros rating est « Jivaro », 12ième et nous sommes 18ièmes, aïe, aïe, aïe .
Nous terminons 9ièmes sur 28 de ce Tour où rien n’a voulu rigoler pour nous.
Le vainqueur est VDH sur « Adrien 2 » devant Benoît Charon sur « Prévadiès » et Michel Faou sur « les Recycleurs Bretons ».

En 2009, nous sommes toujours là avec l’A 40 « Banque Populaire-Künkel Palettes » au rating de 30.3 car notre nouveau spi est un peu plus petit.
Le plateau me laisse un peu plus d’espoir qu’en 2008 car 5 des 8 bateaux qui nous ont précédés l’année d’avant ne sont pas là, et en particulier, « Adrien » et « Prévadiès » ne sont pas là pour confisquer les 2 premières places du podium.
Il y a 25 partants dont les plus redoutables sont le J 133 « Jivaro » d’Yves Grosjean, 3 A 35 dont « Jolly Jumper » à Yann Level dont le rating me semble faible (il a un mât carbone et deux safrans), les deux JPK 9,98 construits dans l’espoir d’imposer cette série au Tour de France, mais qui sortent avec des ratings TRES difficiles, celui de Jérémy Dugor, « Awara » à 31,8 et celui de Barazet /Pahun, « Région Ile de France » au groupe 34 (Jimmy Pahun viendra courir plusieurs manches), un Grand Soleil 45, « Dolce Vita », mené par Jérôme Guillou avec seulement quatre personnes à bord, mais avec un rating (groupe 26) incroyablement avantageux, 5 First 36.7 dont « Les Recycleurs Bretons » skippé par Michel Bothuon et « Sailing Regatta » mené par Christian Deredec, Alain Rolland qui a loué à Cyrille Legloahec le petit dernier du chantier Archambault, l’A31 « Tagan », et 4 Grand Surprise qui peuvent venir jouer dans les courses de portant.
La première étape Morlaix-Aber Benoît est courue au près dans un vent médium et « Jivaro » finit loin devant nous. L’arrivée est épique car elle se fait à mer basse avec un coefficient de marée de 100 et Gilles, notre navigateur me guide dans le chenal vers les sondes les plus profondes, lorsque, à 300 mètres de la ligne d’arrivée, nous nous échouons sur du sable, à 7 noeuds ; nous mettrons plusieurs minutes pour nous en sortir à la voile. Nous apprendrons plus tard qu’il y a par là un banc de sable baladeur. Un bateau comité qui nous suivait, nous observe et met en garde le reste de la flotte par VHF. Nous demanderons une réparation de 5 minutes et nous en obtiendrons 3. « Jivaro » gagne, « Les Recycleurs Bretons » font 2ièmes, l’A35 « Jolly Jumper » termine 3ième, « Banque Populaire-Künkel Palettes » 4ième et « Sailing Regatta » 5ième.
La deuxième étape nous emmène dans 15 à 20 nœuds de vent, vers le nouveau port du Château à Brest. Le départ est étrange car la ligne est mouillée à 90° du vent de SO, mais sans bouée de dégagement, et la première marque de parcours, la Grande Basse de Portsall peut se faire directement bâbord amures au débridé ; or la grande majorité des bateaux tirent un bord tribord amures parfois assez long et tout à fait inutile. En partant au bateau comité et en virant immédiatement, nous faisons un gros trou, sur « Jivaro » notamment, qui ne nous redoublera que du côté du phare du Four, après plus de 10 milles de course.
Nous arrivons 7 minutes derrière lui et espèrons avoir gagné, mais c’est le Grand Soleil 45 « Dolce Vita » qui gagne devant le Grand Surprise « Notos », nous, « Jivaro » et « Jolly Jumper ».
Nous avons renvoyé le spi pour le dernier bord de 300 mètres de la régate, après l’entrée dans l’avant-port. Mauvaise idée car le bras de spi qui n’a pas été repris après l’affalage se prend dans l’hélice quand nous démarrons le moteur, et nous ferons une entrée peu glorieuse dans le port, à couple d’un pneumatique appelé à la rescousse. Il faudra 2 heures de plongée, d’abord en apnée, puis avec une bouteille après l’arrivée de la voiture d’assistance, pour démêler l’ensemble (merci, Nicolas et Maxime). Nous perdrons d’ailleurs l’hélice quelques jours après notre retour à Granville.
La troisième étape nous fait remonter à l’Aber Ildut. Je sais que les gros ratings vont prendre cher car nous passons par la Vandrée au louvoyage dans le médium mou et remontons vers l’arrivée à contre-courant, avec la renverse proche de l’arrivée. Tout bon pour les petits ratings : 1er « Les Recycleurs Bretons », 2ième « Sailing Regatta », 3ième « Tagan », 4ième « Notos », 5ième l’A 35 « Thalès Communication ». « Jivaro » est 10ième et « Banque Populaire » 11ième ; ce sera dur de revenir.
L’étape qui va de l’Aber Ildut à Douarnenez est courue dans 15 ou 20 nœuds de vent de sud, donc avec pas mal de près et un coup de spi pour finir. « Jivaro » nous attend un peu en chalutant le sien à l’envoi, mais ça ne suffit pas et il nous battra en compensé de 35 secondes. 1er « Dolce Vita », 2ième « Jolly Jumper », 3ième « Jivaro », 4ième « Banque Populaire », 5ième « Les Recycleurs Bretons ».
La manche 5 est une banane dans 25 nœuds de vent au départ puis 30. Dans notre classe, trois spis seulement montent : « Jivaro » ne réussit pas à affaler le sien à la bouée sous le vent et fait un « tout droit » long et donc très cher, Jimmy Pahun part au lof et y reste au moins 3 minutes, et notre spi lourd éclate près de la bouée sous le vent. Le 2ième tour se fera sans spi pour nous, mais Jimmy renverra le sien pour nous griller en temps réel sur la ligne.
En compensé, 1er « Banque Populaire-Künkel Palettes », 2ième « Notos », 3ième un autre Grand Surprise « Défi Bigouden », 4ième « Région Ile de France » et 5ième « Thalès Communication ». Nous apprenons alors que le comité a réclamé contre « Jolly Jumper » à cause de son rating, mais nous n’aurons le jugement qu’après la course de nuit : un demi-groupe de plus, recalcul de tous les classements et pénalité de 10 % des places, autant dire que ce prétendant à la victoire est mis hors jeu.
La grande course, Douarnenez-Lesconil est courue dans le petit temps avec un passage du raz de Sein dans un vent presque nul. Il y a beaucoup de louvoyage (le vent tourne avec nous). Nous trouvons un peu d’air en baie d’Audierne la nuit, et au petit matin, Jimmy Pahun qui a fait le fond de baie, ressort en tête devant « Jivaro » et « Banque Populaire ». « Jivaro » repassera en tête et nous arriverons juste derrière Jimmy. Le vent est un peu trop fort à l’arrivée pour que les gros ratings s’en sortent et c’est « Sailing Regatta » qui l’emporte devant « Thalès Communication », « Notos », « Les Recycleurs Bretons » et « Défi Bigouden ». Nous finissons 6ième devant « Jivaro ».
Avant la dernière manche, « Sailing Regatta » est en tête avec 26,5 points, « Les Recycleurs » suivent avec 27 points puis « Banque Populaire » avec 30,5 points, « Notos » avec 31,5 points et « Jivaro » avec 35,5 points.
Il tombe des hallebardes au départ de ce joli parcours zigzagodromique vers Port La Forêt, avec le passage d’un front froid après 5 minutes de course et du vent qui rentre jusqu’à 20 nœuds. Beaucoup de reaching et un peu de louvoyage pour terminer. « Les Recycleurs Bretons » gagnent, « Dolce Vita » fait parler la flottaison et finit 2ième, « Banque Populaire-Künkel Palettes » termine 3ième, « Notos » est 4ième, et « Sailing Regatta », 5ième. Au classement général, « Les Recycleurs Bretons » remportent ce Tourduf, devant « Sailing Regatta », « Banque Populaire-Künkel Palettes », « Notos » et « Jivaro ».
Un assez bon Tour pour nous.

Place à 2010, et en route vers de nouvelles aventures bretonnes.
John Legallet.

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