Tour des Ports de la Manche 2011
Article mis en ligne le 22 février 2016
dernière modification le 8 janvier 2018

par Jan Legallet

Autant que je me souvienne, ce Tour des Ports de la Manche 2011 a été la course dont la navigation a été la plus compliqué à gérer, ce qui la rend passionnante.
En effet, 5 des 6 courses ont été courues par petit temps
et le rôle du navigateur y était primordial (passage du Singe au nord d’Aurigny, le Raz Blanchard par deux fois, le tour de Chausey).
Comme à l’habitude, l’organisation concoctée par Luc Berthillier a été parfaite même si les accueils réservés aux concurrents par les municipalités de Cherbourg, mais surtout celle de Barneville-Carteret sont indignes.
Quand au Comité de course, il peut remercier les concurrents,
qui lui ont sauvé trois des six courses !

Daniel BONNEFOY

LES COURSES :

Course 1 : Guernesey/Cherbourg par Le Singe et le Raz Blanchard. Après avoir contourné la bouée des Têtes d’Aval au sud de Jethou par un vent de 5 à 8 nds, le spi a été envoyé pour remonter le courant relativement faible (2 nœuds) du Grand Russel. Les meilleurs navigateurs ont longé Jethou et Herm puis laissé la Grande Amfroque à tribord.
Il fallait ensuite mettre le cap sous spi serré vers le sud d’Aurigny afin de se faire remonter dans l’ouest par un fort courant qui emmenait sur la Pierre au Vraic à l’ouest du Singe.
A la sortie du Singe, toujours avec un vent arrière de 8 à 10 nœuds de vent, il fallait empanner le long de Pointe Quénard pour rentrer dans le courant du Raz Blanchard tribord amure. Seulement 5 voiliers sur 110 ont osé cette route, tous navigateurs d’expérience… 
Ceux qui ont ensuite empanné pour se positionner dans le nord de la Basse Bréfort au nord du Raz, sans être trop « gourmands », ont capitalisé quelques minutes supplémentaires.
A noter, que le comité de course à réduit le parcours au Fort de l’Ouest en se trompant de bouée à l’entrée de la rade !
Les voiliers qui ont résolu la majorité de ces pièges successifs sont arrivés en tête de leurs classements. A l’arrivée, les commentaires étaient généralement : « on était bien jusque… » Anecdote : Cafouillage du Comité à la ligne d’arrivée raccourcie. La vedette d’arrivée s’est, en effet, positionnée à proximité d’une petite cardinale, située à 300 m après la grosse bouée rouge dûment indiquée « Enrochement du fort de l’ouest » spécifiée sur les instructions de course…

Course 2 : Omonville/Diélette par le Raz Blanchard.
Le départ a été donné par un vent de 5 à 7 nds, avec un courant portant, à partir d’Omonville la Rogue. Après un passage de la bouée de dégagement encombrée par les flottes précédentes, il s’agissait de louvoyer jusqu’à Goury avec un début de courant favorable au large, puis de « spier » par un vent faible jusqu’à la bouée de Flamanville.

Course 3 : Diélette, Sercq, Carteret.
Courue sous une pluie battante continue dans une brise de 15 à 32 noeuds, cette étape comportait, pour les plus grands voiliers, un bord de vent arrière de 18 milles et un bord de près de 26 milles, sans option particulière, bien que le vent ait tourné de 30° à gauche, en contradiction avec les prévisions météo.
Anecdote : Certains voiliers sont sortis in extrémis du bassin de Diélette. Le Sun Magic a touché le seuil en sortant du bassin. L’échelle des marées voisine affichait 2.45m alors que la table HN indique 2.35m ! Faudra t-il expliquer au port que leur échelle est fausse ? A moins que…

Course 4 : Carteret/St Hélier par la bouée Banc Desormes au nord de Jersey.
Cela a été une étape de près vitesse et de portant par 8 à 12 nœuds de vent. Du près débridé de la bouée Ecrevière à la bouée de « Banc Desormes » en passant au sud des roches des Ecrehous et des Dirouilles et. Un courant traversier de 2.8 nœuds à Banc Desormes nous a envoyé pour un grand bord de spi à 150° du vent vers la passe située au pied du phare de Corbière.
Anecdote : Sans l’intervention d’un concurrent, la majorité des voiliers ne seraient pas sortis du port, l’heure de sortie indiquée sur les I.C étant fausse !

Course 5 : St Hélier/Granville.
Vent de 5 à 8 noeuds sous spi après un louvoyage plaisant dans le chenal vers Western passage, une bouée du chenal ouest de St Hélier, et un retour sous spi compliqué vers Diamond au milieu des cailloux contre le courant (2 nœuds).

Course 6 : Granville/le tour de Chausey.
Couru par petit temps contre le courant, après une « pétole » ou la majorité des voiliers ont mouillé, le parcours a été logiquement raccourci à la bouée « Anvers » à l’est de Chausey après 5 heures de régate à une moyenne de 1.5 nœuds.

LE COMITE DE COURSE :
Il est dommage, qu’une fois de plus, le Président du Comité de course désigné par la Fédération Française de Voile (F .Bertin) n’ait pas été à la hauteur de l’évènement.

Ses plus grosses bourdes ont été :

  • A St Peter-Port, le départ avec le pavillon « bouée de dégagement à laisser à tribord avant de se raviser et de signaler par VHF : « bien entendu, vous l’avez tous compris, la bouée de dégagement est à laisser à bâbord.
  • Avoir raccourci un parcours en se trompant de bouée du Fort de l’ouest à l’entrée de la rade de Cherbourg.
  • D’avoir donné de nombreuses informations sur la description de la bouée d’arrivée erronée « petite bouée jaune cardinale sud avec un mâtereau » par VHF, n’hésitant pas ensuite à réclamer pour non sportivité contre l’un des rares concurrents qui ait effectué le parcours indiqué par les Instructions de Course au motif qu’ « il ne pouvait pas ne pas avoir entendu les instructions données par VHF » et « que « vous êtes volontairement passés du mauvais côté de la bouée d’arrivée » !
  • A noter aussi que, sans l’intervention de ce concurrent considéré comme anti-sportif, la majorité des voiliers ne seraient pas sortis du port de Diélette, l’heure indiquée sur les documents officiels étant erronée.
  • Grâce à ce même concurrent considéré comme anti-sportif, qui a signalé l’erreur au comité de course, une grosse pagaille a été évitée au départ de St Hélier, les IC
  • indiquant qu’une bouée ( Houlographe) étaient « à contourner à bâbord » ce qui aurait obligé les 110 voiliers à faire un 360 ° autour de cette bouée située à une centaine de mètres des roches en se croisant dans un courant de 2 à 3 noeuds !
  • A Diélette, le départ donné dans la boucaille et la brise à l’ensemble des flottes nécessitait une ligne de départ beaucoup plus longue que celle mouillée. Heureusement, cela n’a entrainé que quelques collisions mineures sans gravité.
  • A Carteret, avoir laissé mouiller la bouée de dégagement sur des rochers à 2.1 m soulignés soit un pied de pilote de 1 m pour les plus gros voiliers, alors qu’à 30 m la profondeur était correcte.
  • Avoir indiqué par VHF qu’il n’y aurait pas de bouée de dégagement alors que le pavillon était envoyé, d’où une confusion certaine chez les concurrents.
  • Par deux fois successivement, lors du départ de Carteret, a lancé le zodiac passant devant la flotte après le départ muni d’un pavillon M (le bateau portant ce pavillon remplace la bouée) censé être celui du rappel général pour le premier départ et du rappel individuel pour le deuxième. Le président du comité indiquant ensuite que ce pavillon avait été malencontreusement déferlé…
  • D’avoir interrompu une procédure car le pavillon X est resté bloqué à bord du bateau comité.
  • A Granville, a signalé par VHF qu’un voilier (Mumm 36) était rappelé pour ensuite, alors qu’il était revenu, lui indiquer que son départ était bon !
  • A Granville, au coup de canon, avoir indiqué par VHF « bon départ » pour ensuite rappeler 2 minutes plus tard 4 voiliers alors qu’il leur était impossible de refranchir la ligne dans le délai de 6 minutes réglementaire prévu par les I.C.
  • Toujours lors du départ de Granville, le bateau comité a envoyé le pavillon N signalant « manche annulée » en confirmant par VHF « manche annulée », du fait que le comité ne disposait pas du pavillon aperçu ! Toutefois, malgré ce pavillon envoyé, un nouveau départ a été donné pour une manche n°7 non prévue dans les IC.
  • Avoir envoyé le pavillon Z au dernier départ (course 7), alors que le rappel n’était pas dû à la flotte trop nerveuse, mais à l’erreur précédente du Comité lui-même !

Au crédit du Comité de course, toutefois, le départ improvisé à partir d’Omonville la Rogue qui a permis de sauver la course 2 : Cherbourg/Diélette. Et surtout avoir osé donner deux départs différents de Diélette vers Carteret vers malgré une brise soutenue et un temps exécrable. On peut ajouter une bonne gestion du parcours raccourci lors du tour de Chausey et d’avoir toujours donné les départs à l’heure ;

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